La civilisation berbère-Amazighe
Signification du mot « berbère » ? « Berbère », emprunté par le français à l’arabe et par ce dernier au latin, a perdu très tôt son sens primitif d’étranger à la civilisation gréco-romaine ». Il désigne aujourd’hui stricto sensu le groupe linguistique nord-africain berbérophone qualifié au Maroc d’Amazigh ou « homme libre ». Cela représente l’ensemble de tribus qui ont parlé ou parlent encore des dialectes apparentés à un fonds commun, la langue berbère. Etant de types ethniques variés, ils ne sont pas définissables par des critères raciaux.
Nombre d’Amazighs
Selon le recencement de 2004, le Maroc compte 62% de Berbères. Il faut noter que l’immigration arabe et les « invasions hilaliennes » renforcèrent, dans certaines régions l’arabisation des tribus berbères.
Coutumes amazighes
Elles se manifestaient essentiellement par un droit coutumier et une organisation judiciaire non coraniques. L’organisation sociale repose sur les liens du sang, réels ou fictifs, la pratique des corvées collectives et l’usage de greniers communautaires se retrouvent en fait chez les Amazighs et chez les Arabes. Ils ont également un esprit d’indépendance marqué ainsi qu’un certain puritanisme qui ont pu se retrouver dans l’organisation sociale.
Calendrier amazigh : Le calendrier berbère dérive du calendrier romain ou julien que l’Empereur Jules César a réformé en l’an 46 av. JC. Mais le calendrier berbère n’a pas suivi la réforme du Pape Grégoire XIII.
L’année 2009 correspond donc à l’année 2958 du calendrier amazigh, soit un décalage de 950 ans car les berbères fêtent la nouvelle année le 12 janvier. Le début du calendrier berbère coïncide avec 950 av. JC, date de la fondation de la XXIIème dynastie pharaonique de Sheshonq 1er. Ce dernier était le septième descendant d’un chef de berbères mercenaires.
Les Imaghizen à l’aube de l’histoire :
Si l’on étudie l’arbre généalogique du Maroc, on trouve que les berbères sont le groupe ethnique connu le plus ancien du Maroc et d’Afrique du nord. Ils ont été une civilisation marquée du sceau des grands destins. Mais leurs propres ancêtres sont encore hypothétiques. L’origine commune des Guanches des Canaries et des Amazighs de par leurs caractères physiques et linguistiques n’est plus à démontrer.
La langue Amazighe
Malgré une origine inconnue, l’amazigh peut être classée comme une langue chemito-sémitique, une protolangue à part entière datant de 10 000 à 7000 ans. L’amazigh, parlé aujourd’hui au Maghreb, en Libye, au Sahara, ne nous est connu pratiquement que sous sa forme moderne.
Du au fait qu’il n’a jamais accédé au rang de langue écrite, il s’est vu menacé par un foisonnement de parlers locaux (de 4000 à 5 000) et par l’assaut de langues telles que l’arabe. Pourtant, l’amazigh est encore bien vivant et, partout, son unité profonde reste perceptible grâce à des groupes linguistiques plus larges qui jouissent d’un même dialecte.
Au Maroc, la société composite berbère est marquée par trois sous-groupes linguistiques : le Tarifit (Rif), le Tamazight (Moyen Atlas) et le Tachelhit (Haut Atlas, Anti-Atlas, Souss).
D’un groupe à l’autre, on se comprend peu ou pas du tout.
Quoiqu’il en soit, la langue Amazighe est porteuse de traditions millénaires et d’une organisation sociale unique. C’est pourquoi, les Amazighs revendiquent sa reconnaissance et son apprentissage.
L’écriture amazighe : le « Tifinagh »
Les Amazighs disposaient d’un système d’écriture à une époque où plusieurs cultures en étaient encore au stade préhistorique (139 ans avant notre ère et jusqu’au VI siècle avant J.C.). Pourtant, malgré des dizaines d’années de recherches beaucoup de ces inscriptions demeurent pour l’essentiel indéchiffrées.
De nos jours, ce système d’écriture est peu utilisé.
Littérature amazighe
Pour palier au manque de textes écrits, la tradition marocaine a choisi la littérature orale grâce aux poètes ambulants. Pourtant, elle est surtout faite d’emprunts à l’Orient arabe.
D’une manière générale, ce genre de littérature tient une fonction sociale rituelle par le biais de contes, légendes, poésies ou chansons. Elle a une fonction mnémotechnique dans la mesure où elle assure la tradition. Pour souligner son importance, les Amazighs Chleuhs (issus de la région Souss) qualifie la poésie de « science des entrailles » car elle vient des entrailles et non des livres.
La langue littéraire utilisée qu’elle soit en prose ou en vers a un style sophistiqué et souvent métaphorique pour mieux traduire les thèmes récurrents que sont l’amour, la nostalgie, le mal du pays, mais non sans une certaine improvisation.
Le patrimoine amazigh est également très riche en énigmes entendons par là des devinettes courtes, imagées et poétiques.
Notons aussi que parmi la pléiade d’auteurs berbères de langue latine, on trouve par exemple : Saint-Cyprien et Saint-Augustin.
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